C'est sans aucun doute devenu une lapalissade, mais qu'on le veuille ou non, en 2020, la pandémie de Covid-19 a transformé nos vies.

Avec l'arrivée imminente de vaccins dans les pays développés, peut-on se demander si la lumière est enfin au bout du tunnel pour les populations de ces pays ?

Après presque une année de restrictions et de sacrifices personnels et collectifs, est-il légitime d'espérer un retour à la normale ?

Après tout, nous l'avons bien mérité, non ?

Mais quelle normale faut-il espérer ?

Bien évidemment, pour ceux qui ont perdu leur emploi durant la pandémie, un retour à la normale implique un retour à une activité professionnelle.

Mais pour ceux qui ont été épargnés par la crise économique qui a aussi frappé la plupart des pays du monde, on peut se demander si cette situation inédite pourrait nous permettre de repenser notre rapport au travail.

En effet, bon nombre de travailleurs se sont maintenant habitués au confort qu'apporte le télé-travail: fini les transports en commun bondés, les visages dépités des passagers et la course contre la montre matin et soir.

Pour beaucoup, cela représente un gain de temps considérable.

Pour les familles par exemple, cela peut vouloir dire passer plus de temps avec les enfants pendant la semaine.

Moins de temps perdu dans les transports, c'est aussi plus de temps pour prendre soin de soi et faire les choses que l'on aime, telles que le sport, la cuisine, la lecture etc.

Acceptera-t-on de resacrifier ce temps au profit d'un retour au bureau après la fin de la crise ?

Et quid de notre rapport aux services de santé ?

La crise n'a-t-elle pas démontré l'importance de mieux protéger nos services publiques ?

Dans les pays comme la France, où les services hospitaliers d'urgences étaient déjà en crise avant le début de la pandémie, peut-on vraiment retourner au status quo d'avant ?

Les grandes démonstrations symboliques de soutien populaire au personnel soignant - qu'on a pu voir dans le monde entier - ont tendance à nous faire penser le contraire.

Pour les nombreux parents qui ont dû improviser l'éducation de leurs enfants à la maison durant les périodes de confinement, une revolarisation du travail des enseignants parait également concevable.

Aussi, n'apprécie-t-on pas mieux le travail des livreurs, dont les camionettes étaient parfois les seuls véhicules à silloner nos villes déserts ?

On peut se demander aussi si certaines habitudes sociales vont perdurer.

On peut penser à l'incontournable tradition de la bise en France par exemple.

Après plusieurs mois de distanciation sociale imposée, observera-t-on un changement de ce type de pratiques sociales ?

Les Français y réfléchiront-ils à deux fois avant d'embrasser le visage d'un parfait inconnu lors de certaines situations sociales ?

Serons-nous plus prudents dans les espaces publiques ? Le port du masque deviendra-t-il une pratique plus courante, comme on peut l'observer dans certains pays d'Asie par exemple ?

Dans certaines villes, la fermeture totale ou partielle des transports en commun a entrainé une augmentation considérable du nombre de cyclistes.

Cette tendance a un effet positif sur la qualité de l'air des villes, encourage le développement d'un mode de vie plus local et plus sain.

On a découvert ou redécouvert nos quartiers à pied, en vélo, voire même en scooter éléctrique.

Avec la fin de la crise, aura-t-on envie de retourner à nos vieilles habitudes, de revoir nos rues saturées de voitures et de respirer le même air pollué ?

En dépit de ses effets dévastateurs, cette crise nous a donné une occasion unique de repenser le monde dans lequel nous vivons.

Et même si elle a été un rappel brutal que rien n'est jamais certain, ce qui est sur c'est qu'il y aura un avant covid-19 et un après.