Lorsqu'on étudie une langue, il peut paraitre tout à fait logique de vouloir regarder des films ou des séries pour enrichir son vocabulaire et pour tester sa compréhension.

Après tout, regarder la télévision apporte souvent une forme de détente et de satisfaction, donc pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups et joindre l'utile à l'agréable.

Mais ce type d'apprentissage récréatif est-il toujours fructueux ?

Cela va de soi mais un bon film ou une bonne série procure une expérience audiovisuelle riche et intense.

En supposant que le film ou la série contienne des dialogues, ceux-ci peuvent nous faire découvrir de nouveaux mots et de nouvelles expressions qui peuvent s'avérer très utiles.

Les indices visuels et sonores, le contexte ainsi que la trame narrative peuvent nous aider à deviner le sens des mots que l'on ne connait pas.

Notre volonté naturelle de vouloir comprendre ce qu'il se passe dans les moindres détails, peut-être un vrai moteur.

On s'acharne à comprendre, on s'interroge, on veut savoir !

Et ce, quel que soit notre niveau de compréhension.

Et quand on arrive à comprendre, cela peut être une vraie récompense.

En revanche, quand on a plutôt un niveau débutant ou intermédiaire dans une langue, cette expérience immersive peut être vécue très différemment.

En effet, les dialogues d'un film ou d'une série sont souvent bien éloignés de la réalité.

Les dialoguistes, par souci esthétique, omettent souvent les nombreuses répétitions, hésitations, blancs et autres tics de langage qui ponctuent (ou polluent) nos conversations réelles.

Pas de "hein ?", "quoi ?" ou "pardon ?", les personnages semblent toujours se comprendre parfaitement, du premier coup.

Le rythme des conversations est souvent accéléré ou exagéré afin de maintenir le spectateur accroché et diverti.

Les dialogues reposent souvent sur un nombre de non-dits, c'est-à-dire un ensemble de références partagées par les personnages (et par le public).

Cela peut mettre à rude épreuve notre capacité de compréhension.

Dans un film policier par exemple, le jargon administratif utilisé par les fonctionnaires de police peut sembler extrêmement opaque pour des non-natifs (et parfois même pour des natifs).

Les différents registre de langue employés peuvent rendre notre tâche particulièrement compliquée.

Dans le même film policier, l'extrême formalité d'un tribunal peut fortement contraster avec le langage de la rue parlé par les jeunes par exemple.

Pour le téléspectateur, il faut donc s'adapter.

Au cours du film, tous ces facteurs peuvent entraîner une certaine confusion chez le téléspectateur étranger.

On a beau s'efforcer de comprendre, au bout d'un moment, on se rend compte que l'on ne comprend rien. Ça va trop vite, on est perdu. Quelle déception !

Et quand bien même on parvient à comprendre ou à décrypter certaines scènes, il suffit parfois de rater un mot-clé, une petite réplique, une explication ou une blague et on se retrouve soudainement largué. Quelle frustration !

En conclusion, les films et les séries sont en général destinés à un public de natifs.

C'est donc un exercice particulièrement complexe pour ceux qui apprennent une langue.

Même si les regarder avec des sous-titres peut apporter un excellent complément d'information,

il est important que cette activité ne soit pas une activité décourageante qui vienne saper notre moral et notre confiance.

Apprendre une langue est une entreprise colossale qui demande un énorme investissement personnel.

Dans ce contexte, il faut savoir alimenter notre curiosité, maintenir notre niveau de motivation et cultiver notre confiance.

Même si le visionnage d'un film peut être passionnant, sur un plan strictement éducatif, il est clair que ce n'est pas toujours l'exercice le plus efficace et approprié.

En tant qu'apprenant, il faut que le contenu de nos ressources soit adapté à notre niveau afin de réduire le risque de frustration et nous donner envie de continuer à avancer.